Mission ENAM Lomé, juillet 2019

Go to Togo !

Bonne arrivée Marielle, bonne arrivée Elise ! Quel bel accueil de la part de Frédéric Abalo, Alfred Koré, Gilles Gnikouba et Nadjimou Agboba moniteurs à l’Ecole Nationale des Auxiliaires Médicaux de Lomé (ENAM).

11 étudiants viennent de finir leurs 3 années d’étude à l’ENAM-Lomé et Orthophonistes du Monde a été invitée à participer aux soutenances de mémoire de cette 5è promotion, comme cela se fait habituellement au titre du partenariat qui existe depuis la création du département d’orthophonie.

Mais c’est en fait une double mission qui nous attendait puisque les orthophonistes togolais représentés par l’Association des Professionnels Orthophonistes du Togo ont profité de notre venue pour organiser une cession de formation continue. Thème retenu, « les troubles de l’oralité dans les pathologies néonatales ».

C’est ainsi que Marielle Quintin Tolomio, présidente d’OdM et chargée du suivi des projets de formation initiale en orthophonie, s’est rendue à Lomé pour 2 semaines de travail du 06 au 19/07/19. Je l’ai rejointe la 2ème semaine, notamment pour mener ensemble la formation sur les troubles de l’oralité qui s’est déroulée sur 3 jours.

La 1ère semaine a été bien remplie pour Marielle. Un travail collaboratif et soutenu avec les moniteurs de l’ENAM a été effectué pour préparer, avec les étudiants, les soutenances de mémoire qui se sont déroulées la semaine suivante.

2 journées ont également été consacrées à la prise en main par les moniteurs de batteries de bilan offertes par Ortho éditions : la BMT i et l’EVALEO.

Enfin, un temps important a été consacré à faire un point sur le partenariat ENAM/OdM, le fonctionnement actuel de l’ENAM, les points de force de la formation à Lomé et les besoins de soutien encore nécessaire pour maintenir une formation au contenu actualisé.

La formation a ensuite démarré avec un groupe d’une trentaine d’orthophonistes particulièrement motivé. Nos collègues orthophonistes, même s’ils exercent déjà depuis plusieurs années, restent des pionniers de l’orthophonie africaine ! Ils s’emparent des savoirs en sachant que l’évolution des pratiques et l’élargissement du champ d’action des orthophonistes africains ne passera que par eux !

Ces 3 jours ont été denses avec l’apport de connaissances théoriques le matin sur le développement de l’oralité, le bilan et la prise en soin, et des travaux pratiques l’après-midi. Nous avons eu également la chance de pouvoir nous rendre par petits groupes dans le service de néonatalogie du CHU Sylvanus Olympio tout proche, pour observer et mettre en pratique immédiatement le contenu de la formation. Si les orthophonistes sont habitués en général à faire avec les moyens dont ils disposent et à être créatifs, c’est particulièrement le cas dans ce service accueillant des prématurés et grands prématurés, sans même l’eau courante pour pouvoir se laver les mains.

Et pourtant, les volontés sont fortes de pouvoir accompagner les familles et leur nouveau-né prématuré vers une succion efficace pour une alimentation autonome.

Et…pourquoi ne pas créer un poste d’orthophoniste dans le service ? Ce pourrait bien être le cas suite à la formation.

Une chose est sûre, tout est à mettre en place et nos collègues togolais sont prêts à retrousser leurs manches.

La semaine s’est poursuivie avec les soutenances de mémoires des étudiants, auxquelles nous avons participé en tant que membres du jury. Les étudiants sont soulagés d’avoir terminé. A leur tour de venir contribuer à développer l’orthophonie de demain au Togo ou dans la sous-région.

Nous avons également participé à un temps de travail avec le bureau fédéral de la Fédération des Orthophonistes Africains (FOAF) pour poursuivre le travail de réflexion et de construction autour des projets de formation initiale qui naissent dans plusieurs pays d’Afrique. Réflexions passionnantes sur les rôles des différents acteurs, volonté puissante d’une formation africaine de qualité, nécessité absolue de faire reconnaître le métier d’orthophoniste par les pouvoirs politiques des différents pays d’Afrique dans lesquels ces projets sont pensés.

Certes, OdM est sollicitée pour organiser des missions dans bien des pays du monde, mais cette mission de travail avec l’ENAM et les orthophonistes togolais (ASPOT) a eu pour ma part une saveur bien particulière. Le partenariat conventionnel qui lie l’ENAM et OdM est aujourd’hui presque « historique » d’un point de vue associatif. Cela colore déjà une mission au Togo d’un ton particulier. Mais se déplacer, se voir, travailler ensemble dans une visée commune, celle de la promotion de l’orthophonie africaine par les africains, cela renforce encore ce partenariat et le fait évoluer. Une belle mission donc… à bientôt les collègues !

Elise Mariau